Francis Scott Fitzgerald

Biographie Francis Scott Fitzgerald
Francis Scott Fitzgerald
Gatsby le Magnifique

Éditions de La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0127-5
Prix : 5 euros
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Francis Scott Fitzgerald

Romancier et nouvelliste américain, Francis Scott Fitzgerald est né à Saint-Paul (Minnesota) le 24 septembre 1896.

À mesure que la seconde moitié du XXe siècle et le début du XXe redécouvre avec nostalgie le charme scintillant des années 1920, il semble que la réputation de Fitzgerald ne cesse de grandir, sans qu'on sache toujours bien séparer, dans l'image qu'on se fait de sa carrière, la vérité de l'écrivain de la légende du couple qu'il forma avec Zelda.

Cette carrière ne débute guère, pour nous, qu'au moment où il commence à écrire, c'est-à-dire à l'université de Princeton, où il entre en 1913, et où il connaît la triple frustration de n'être ni riche, ni athlétique, ni brillant étudiant en vérité. Il quitte l'université une première fois en 1915, puis définitivement en 1917, sans avoir obtenu son diplôme.

C'est à Camp Sheridan (Alabama), lieu de sa deuxième garnison, qu'il rencontre Zelda Sayre (18 ans). Le 18 février 1919, il est renvoyé dans ses foyers (sans avoir été au front, comme William Faulkner) et, après un court séjour dans une agence de publicité, de retour à Saint-Paul, il se met sérieusement à réviser un premier roman au titre parfaitement choisi, The Romantic Egotist, lequel deviendra This Side of ParadiseDe ce côté du paradis, et non L'Envers du paradis --, qui paraît chez Scribner's le 26 mars 1920. Huit jours plus tard, le 3 avril, alors que le livre fait sensation et que son rêve de gloire s'accomplit, il épouse Zelda Sayre à la cathédrale de New York.

Alors commence la carrière bien connue, peut-être trop connue, brillante, exhibitionniste, fragile et fondamentalement instable: les premières nouvelles publiées dans le Saturday Evening Post (le magazine qui payait le mieux) et dans Scribner's, puis recueillies dans Flappers and Philosophers (Friponnes et Philosophes, 1920), et dans Tales of the Jazz Age (Les Enfants du jazz, 1922); premier séjour en Europe (mai-juillet 1921); retour à Saint-Paul, où naît une fille, Frances (26 octobre 1921); un second roman, The Beautiful and the Damned (Les Heureux et les Damnés, 1922), très autobiographique; une pièce de théâtre, The Vegetable, (Le Légume, 1923) qui échoue lamentablement à New York, où les Fitzgerald se sont installés.

De 1924 à 1926, deuxième séjour en Europe: côte d'Azur — à la Villa Marie, près de Saint-Raphaël, où il rédige son troisième roman, Gatsby le Magnifique --, Italie et surtout Paris, où il fait la connaissance d'Ernest Hemingway (voir le portrait rien moins que tendre que celui-ci trace de Fitzgerald dans Paris est une fête). Le 10 avril 1925, alors que les Fitzgerald sont à Capri, sort à New York Gatsby le Magnifique, édité par Maxwell Perkins chez Scribner, incontestablement le chef-d'oeuvre de Fitzgerald comme Citizen Kane est celui d'Orson Welles. Malgré les louanges de T. S. Eliot et d'Edmund Wilson, le livre n'a cependant guère de succès immédiat.

Mais Francis Scott Fitzgerald est désormais prisonnier d'un malentendu qui n'est, comme d'habitude, qu'un "trop bien entendu": derrière le brillant de la vitrine, il perçoit l'ombre et le vide; mais le public, lui, ne veut pas entendre parler de la "terre gaste".

La fuite en avant, essentiellement provoquée par un perpétuel besoin d'argent, continue avec le retour aux États-Unis (1926) et le premier séjour à Hollywood (1927). Zelda veut danser, aussi Paris reverra-t-il le couple pendant l'été de 1928, puis, pour un second long séjour, de mars 1929 à septembre 1931. Entre-temps, Zelda est entrée dans le tunnel de la folie qui, de clinique en clinique, la mènera au tragique incendie du 10 mars 1948, en Caroline du Nord, où elle trouvera la mort. C'est donc d'abord la Suisse, et le début du travail de Scott sur son autre grand roman après Gatsby, Tendre est la nuit (12 avril 1934), puis le retour définitif aux Etats-Unis en septembre 1931, et un deuxième contrat à Hollywood où, pas plus que d'autres, dont William Faulkner, il ne sera jamais un grand scénariste.

Après la publication, et l'échec, de Tendre est la nuit, c'est la "fêlure", la maladie, l'alcoolisme, l'instabilité accrue, et l'écriture de moins en moins facile. On dit que Sheilah Graham, qu'il rencontre à Hollywood en 1937, "aurait pu le sauver", mais il était déjà trop tard.

Il travaille à son dernier roman, The Last Tycoon (Le Dernier Nabab, 1941), lorsqu'une seconde attaque cardiaque le terrasse à Hollywood le 21 décembre 1940.

Apprécier Francis Scott Fitzgerald à sa "juste valeur" n'est pas chose facile, surtout si l'on cherche à la fois la justesse et la justice; car il y va tout simplement de ce qu'on attend de la littérature, et, d'abord, de qui, ou de quoi parle-t-on ? Malgré la critique désormais surabondante, ne continue-t-on pas, comme le dit Sergio Perosa, à "transformer la légende en réputation littéraire" ? Mieux vaut sans doute, comme le fait ce critique en s'appuyant sur l'idée de T. S. Eliot (qui vit dans Gatsby "le premier pas qu'ait fait le roman américain depuis Henry James"), selon laquelle "aucun artiste n'a seul toute sa signification", le placer sur la carte du roman américain. Il apparaît alors, incontestablement, comme l'un de ceux qui ont tenté d'embrasser l'expérience américaine: ni plus ni moins que cela. Comme l'écrit Perosa, "il enregistre l'échec et la frustration tout en réaffirmant constamment la pureté du rêve de ses personnages... Le niveau "représentatif de ce qu'il écrit n'est donc pas limité au siècle du jazz: on y trouve l'horreur et la gloire de l'expérience américaine en général". C'est, en effet, face au grand thème du "rêve américain" que Fitzgerald paraît le plus grand. En ce sens, ses ancêtres spirituels seraient donc plutôt Nathaniel Hawthorne et Herman Melville. Mais, plus sûrement encore, il apparaît que son père putatif est, et ne peut être, que Henry James. Quant à ses contemporains de la génération née juste avant le XXe siècle, il dépasse sans conteste Erskine Caldwell et John Steinbeck, qui n'ont pas grand-chose de commun avec lui. Il s'élève sans mal à la hauteur d'Ernest Hemingway: en effet, même s'il a moins innové sur le plan formel, se contentant d'adapter et d'affiner un art somme toute assez traditionnel (puisque à travers Henry James et Joseph Conrad on peut le faire remonter à la "grande tradition" éthico-sociale du roman anglais), il a connu — faut-il dire, dans son cas, il a subi ? — une véritable "mutation" (le mot est d'André Le Vot). Ernest Hemingway, au contraire, après ses premières oeuvres, les meilleures, s'est trop contenté de s'imiter lui-même. Reste William Faulkner: c'est sans doute le seul romancier du XXe siècle américain qui, notamment par les dimensions de l'oeuvre produite et par l'universalité des thèmes qui la nourrissent, dépasse largement Fitzgerald. Il reste que celui-ci (la légende autant que l'oeuvre ?) a engendré, chez ses admirateurs inconditionnels, une sorte de culte qui est en lui-même un fait de l'histoire littéraire contemporaine. Faut-il, malicieusement, pour finir, proposer à leur réflexion ce mot, plein de justesse mais aussi d'injustice, de Leslie Fiedler qui, en 1960, voyait dans l'oeuvre de Fitzgerald le "portrait de l'artiste en jeune fille" ?

Francis Scott Fitzgerald
Gatsby le Magnifique
Un diamant gros comme le Ritz