David Goodis

Biographie David Goodis
David Goodis
Tirez sur le pianiste !

Éditions de La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0268-5
Prix : 5 euros
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David Goodis

Écrivain américain auteur de romans noirs, David Loeb Goodis est né à Philadelphie (Pennsylvanie, Etats-Unis) le 2 mars 1917.

Petit, timide, solitaire, mélancolique, renfermé, noiraud au teint basané, amateur de boxe et de jazz, il ressemble à un clochard, ce qui ne l'empêche pas d'être séduisant.

Après de brèves études et un diplôme de journaliste obtenu à la Temple university de Philadelphie en 1938, il occupe un poste de rédacteur dans une agence de publicité et commence à écrire des récits en tous genres — policiers, aventures, westerns, guerre — pour des magazines bas de gamme (pulps). Il publie un premier roman, retour à la vie, en 1938.

Il part vivre à New York où il travaille pour une radio. En 1942, il quitte New York pour Los Angeles où il travaille pour les studios Universal. Il épouse Elaine, une femme mystérieuse qui le quitte un an plus tard. De 1938 à 1945, ses manuscrits sont tous systématiquement refusés par les maisons d'édition.

En 1946, son second roman, Cauchemar (Dark Passage), est enfin publié sous forme de feuilleton par le Saturday Evening Post. David Goodis connaît alors son heure de gloire. La Warner Bros lui achète les droits pour 25000 dollars et l'engage comme scénariste avec un contrat de six ans. Aux côtés de Delmer Daves il participe à l'adaptation de son roman sous le titre Les Passagers de la nuit, avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall dans les principaux rôles. En 1947, il publie La Garce et La nuit tombe.

Puis c'est la dégringolade. Ses scénarios écrits pour la Warner ne sont pas exploités ou ne connaissent aucun aucun succès. Il quitte le studio après seulement deux années de collaboration. Il divorce officiellement en 1948. En 1950, il retourne à Philadelphie — où il situe l'action de la plupart de ses romans — pour s'occuper de ses parents très âgés et de son frère Herbert qui est interné pour schizophrénie. Il sombre progressivement dans l'alcoolisme, la dépression et la solitude, tout en continuant fiévreusement à écrire des romans de gare très sombres: Cassidy's Girl (1951), Rue Barbare (1952), Obsession (1952), La lune dans le caniveau (1953), Le Casse (1953), Sans espoir de retour (1954), La Blonde au coin de la rue (1954), Vendredi 13 (1954), Descente aux enfers (1955), Tirez sur le pianiste (1956), L'Allumette facile (1957), Les Pieds dans les nuages (1961). Après la mort de ses parents, il entre lui-même dans une maison de santé et lègue une fortune à Herbert, qui meurt pourtant de faim quelques années plus tard.

Le destin de David Goodis rappelle celui de Francis Scott Fitzgerald qui, après une gloire éphémère, est mort jeune, oublié, muré dans sa tristesse et dans l'alcool. Son oeuvre développe quelques thèmes qui l'obsèdent: la prédestination, on naît du bon ou du mauvais côté et la vie ressemble à une impasse; l'amour fou impossible car les héros de Goodis aiment toujours des femmes inaccessibles; le passé obsédant; la déchéance alcoolique dont on essaie en vain d'émerger. Ses romans racontent toujours un long et douloureux cauchemar peuplé de femmes sadiques et de garces. De son oeuvre, il dit qu'il n'a pas écrit des polars mais simplement des livres d'action et de mélodrame.

Son oeuvre été découverte en France en 1960 grâce à Tirez sur le pianiste porté à l'écran par François Truffaut, avec Charles Aznavour et Marie Dubois dans les principaux rôles. Viendront ensuite plusieurs autres adaptations au cinéma, dont notamment Le Casse (Henri Verneuil), Vendredi 13 (René Clément, sous le titre La course du lièvre à travers champs), La nuit tombe (Jacques Tourneur), La lune dans le caniveau (Jean-Jacques Beinex), Rue Barbare (Gilles Béhat) et Descente aux enfers (François Girod).

David Goodis est mort dans l'indifférence générale à Philadelphie le 7 janvier 1967, à l'âge de 49 ans.

David Goodis
Tirez sur le pianiste