Franz Kafka
Franz Kafka
Biographie : Vie et oeuvre de Franz Kafka.

Franz Kafka, écrivain tchèque d'expression allemande, est né à Prague (aujourd'hui en République Tchèque) le 3 juillet 1883.

Fils d'un commerçant juif aisé, son enfance s'écoula dans le vieil empire d'Autriche où, déjà, apparaissent les signes avant-coureurs d'une déflagration inévitable, au carrefour des cultures slave (tchèque), allemande et juive. Depuis des siècles, les trois humanismes, si différents, avaient pris racine à Prague et, pour chacun d'eux, cette rencontre fut la source d'un enrichissement spirituel intense.

Ses études dans une école, puis dans une université allemandes où il obtint son doctorat en droit, exercèrent sur Franz Kafka la plus grande influence. Plus tard, il subit l'attrait et la sagesse de la religion hébraïques transmise par ses ancêtres. Sioniste ardent, il comptait s'établir en Palestine, mais, voyant apparaître les premiers symptômes de la tuberculose, il dut renoncer à son projet (1917).

La culture tchèque, elle aussi, le marqua, comme les autres écrivains de l'école de Prague (Rainer Maria Rilke, Franz Werfel, Gustav Meyrink, etc...) d'une façon décisive. Ce qui distinguait cette école, c'était une grande propension à la métaphysique, un double attrait pour les aspects réalistes du monde et pour la musique qui s'en dégage, une synthèse de rêve, d'ironie et de lucidité raisonnée.

Ce monde du rêve, que Franz Kafka décrit avec un réalisme minutieux, est déjà présent dans sa première et longue nouvelle: Description d'un combat, qui commence par une leçon de danse, et dont le héros, transporté ensuite au Japon, subira les plus terribles épreuves spirituelles. Cette nouvelle parut en partie dans la revue Hyperion (1909) que dirigeait Franz Blei. En 1913, l'éditeur Rowohlt publia le premier livre de Franz Kafka, Considérations, recueil de petits fragments en prose, d'une inquiétude extraordinairement pénétrante, et dont le style, d'une frappante nouveauté, est tout ensemble lyrique, dramatique et mélodieux. Ces fragments, Kafka les avait choisis sur mon conseil, dans son Journal, commencé en 1910 et qu'il continua presque sans interruption jusqu'à sa mort. Le livre passa inaperçu, et les suivants n'eurent guère de succès, du vivant de l'auteur, en dehors d'un cercle restreint d'amis qui, dès le premier jour, l'avaient admiré jusqu'au fanatisme pour la noblesse de son caractère.

En 1914, des fiançailles malheureuses — rompues, renouées, puis encore une fois rompues — plongèrent dans le désespoir ce jeune homme avide de mener une vie saine et pure, épris de perfection et presque de sainteté. Malgré des épreuves de toutes sortes — la Guerre mondiale, qui l'ébranla profondément, les incertitudes de sa vie professionnelle (il était employé dans une compagnie d'assurances) et des rapports difficiles avec ses parents — Franz Kafka écrivit Le Procès, publia Le Chauffeur, qui formera le premier chapitre d'Amérique, et La Colonie pénitenciaire.

En 1916, il avait terminé La Métamorphose et Le Verdict. En 1919, l'éditeur Kurt Wolff publia un recueil de ses nouvelles sous le titre Un médecin de campagne. En 1920, ayant quitté son emploi, Kafka chercha la guérison dans un sanatorium, puis dans un pays où sa soeur possédait une propriété qu'il devait décrire dans Le Château. En 1920-21, il fit la connaissance de l'écrivain tchèque Milena Jesenska-Pollak (lire ses Lettres à Milena), mais ce fut seulement au cours de la dernière année de sa vie qu'il éprouva, pour Dora Dymant, le grand amour qui devait lui redonner espoir. Avec elle, il vécut les plus heureux jours de sa vie. Mais son mal ne pardonnait pas, et l'écrivain s'éteignit le 3 juin 1924 au sanatorium de Kierling, près de Vienne (Autriche).

Ses chefs-d'oeuvre: Amérique, Le Château, Le Procès, le Journal, ses aphorismes et ses lettres ont été publiés après sa mort. Mentionnons encore Un Champion du Jeûne (posthume, 1924) et La Muraille de Chine (posthume, 1931).

La vie lamentable de Franz Kafka ne justifie que trop, à la réflexion, le doute et le désespoir dont son oeuvre est imprégnée. Cependant, à la différence de ses romans et de ses récits, beaucoup de ses aphorismes font apparaître sa foi en un principe supérieur régissant le monde, et la certitude qu'il existe en l'homme quelque chose qui ne saurait mourir.