Matthew Gregory Lewis
Matthew Gregory Lewis
Biographie : Vie et oeuvre de Matthew Gregory Lewis.

Romancier et auteur dramatique anglais souvent appelé "le moine Lewis", Matthew Gregory Lewis est né à Londres le 9 juillet 1775.

Il reçoit une instruction très poussée qui doit le préparer à la carrière diplomatique, d'abord à l'école de Westminster, puis au Christ College d'Oxford. Pendant les vacances, il voyage et apprend plusieurs langues étrangères.

En 1794 il est envoyé à La Haye en qualité d'attaché d'ambassade. C'est au cours de ses dix mois de séjour dans cette ville qu'il écrit Ambroise, ou le Moine (1796). Interdit par la censure lors de la parution, il doit publier une seconde version corrigée et épurée des passages jugés répréhensibles. Le livre suscite l'enthousiasme mais aussi les critiques des contemporains, notamment celles de Lord Byron. Avec Le Château d'Otrante d'Horace Walpole (1764) et Les Mystères d'Udolphe (1794) d'Ann Radcliffe, Le Moine est aujourd'hui considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre du roman gothique. Il inspirera par la suite nombre d'auteurs dont entre autres Le Marquis de Sade, Samuel Taylor Coleridge, E.T.A. Hoffmann, Victor Hugo, Mary Shelley (Frankenstein, 1816), Maturin (Melmoth, l'homme errant, 1830), Charles Dickens, André Breton ou encore Antonin Artaud qui en réalisa une libre traduction.

Après Le Moine, Lewis publie de nombreux autres romans, drames et œuvres musicales — dont notamment Le Spectre du château (1798) — ainsi que des traductions de Friedrich von Schiller et d'August von Kotzebue. Il remporte un vif succès avec une adaptation du roman allemand de Heinrich Zschokke, Abellin, le grand bandit, qui paraît sous le titre de Le Brigand de Venise (1804).

À la mort de son père, il entre en possession d'une grande fortune et part en 1810 pour les Indes occidentales afin de visiter ses propriétés. Il tire de ce voyage de quatre mois un étrange récit, intitulé Journal d'un propriétaire des Indes occidentales, qui sera sera édité à titre posthume en 1833.

Matthew Gregory Lewis est mort en mer de la fièvre jaune, le 14 mai 1818, au retour d'un second voyage à la Jamaïque.