Walter Pater
Walter Pater
Biographie : Vie et oeuvre de Walter Pater.

Écrivain, critique littéraire et historien de l'art, Walter Horacio Pater est né à Stepney (quartier est de Londres) le 4 août 1839. Il semble que ses ancêtres vinrent de Hollande à l'époque de Guillaume d'Orange. Le père de Walter Pater, né en Amérique, s'était rendu en Angleterre pour y exercer la médecine dans une intention philanthropique, sans esprit de lucre.

Après les années de jeunesse passées à Enfield où les siens s'étaient fixés, Pater étudia à la King's School de Canterbury, d'où il passa au Queen's Collège d'Oxford. C'est là qu'il fut reçu docteur. Étant enfant, il avait manifesté un vif intérêt pour les cérémonies religieuses, et caressa pendant quelque temps l'idée de prendre les ordres dans l'Église anglicane.

Cependant, ce ne fut pas vers le sacerdoce qu'il s'orienta, mais vers ce laïque apostolat qu'est l'enseignement. Non que Pater eût des dispositions spéciales pour l'enseignement tel qu'on le comprend d'ordinaire. En fait, quand il résigna ses fonctions de "tutor" au Brasenose Collège d'Oxford où il était devenu "fellow" en 1864, pour se consacrer avec plus de facilité aux lettres, les autorités du collège, au lieu de déplorer une telle décision, l'encouragèrent.

Le caractère de Pater, trop porté à la rêverie, aux nuances, le privait de l'assurance nécessaire à un maître. Si quelques élèves s'enthousiasmèrent pour son culte de la Beauté, ce fut moins grâce à sa persuasion que par le charme délicat qui émanait de sa personnalité amène et séduisante.

L'inspiration littéraire de Pater s'éveilla au contact de Ruskin, de Swinburne, de Goethe et de Winckelmann. En Italie, en 1866 (Ravenne, Pise, Florence), les chefs-d'oeuvre de la Renaissance italienne achevèrent de modeler sa conception de la vie.

Son premier essai parut en 1866 dans la Westminster Review dirigée par John Chapman: un fragment sur Coleridge; puis, en janvier 1867, la même revue publia l'essai sur Winckelmann. Cet essai, ainsi que ceux qu'il publia ultérieurement, formèrent, en 1873, le volume intitulé La Renaissance. Sa deuxième oeuvre importante, Marius l'épicurien, parut seulement une douzaine d'années plus tard, en 1885.

Entre-temps, l'existence de Walter Pater se déroulait selon un rythme uniforme: à Oxford durant l'année scolaire, et en voyage avec ses soeurs pendant les vacances. Il visita à diverses reprises la France septentrionale qu'il aimait, et se rendit à Rome en 1882. Son idéal de vie, exposé dans Marius, était un épicurisme non pas orienté vers une application facile et des plaisirs vulgaires, mais qui devait tendre à de nobles et profondes émotions afin que la vie fût elle-même un chef-d'oeuvre aussi parfait qu'une oeuvre d'art. Les pages exaltant le culte de la Beauté, recommandant à l'âme de "brûler d'une intense et pure flamme", ne laissèrent pas d'impressionner la nouvelle génération, dont notamment Oscar Wilde, W. B. Yeats, James Joyce et Ezra Pound. Et même, s'élevant de la critique au "portrait imaginaire" (voir Portraits imaginaires, 1887), son inspiration se fixa, s'attarda complaisamment sur la vision d'une adolescence douloureuse, riche en sensations.

Tous ses personnages ont un air de famille reflétant l'âme de l'auteur qu'il dépeint dans L'Enfant dans la maison (1894). En 1889 étaient parues les Appréciations. Déjà, Walter Pater annonce Marcel Proust. Le style est en harmonie avec cette unité de ton, châtié, avec une surabondance d'épithètes et d'incidences qui lui confèrent une préciosité un peu mièvre.

La mort, le 30 juillet 1894 à Oxford, due à une crise cardiaque, termina cette existence parcourue sur le rythme lent de la contemplation méditative.