John Steinbeck
John Steinbeck
Biographie : Vie et oeuvre de John Steinbeck.

Romancier américain, John Steinbeck est né le 27 février 1902 à Salinas (Californie, Etats-Unis), dans une famille d'origine allemande. Son père s'occupe de politique au niveau local, sa mère a enseigné sur la côte, à Big Sur.

Encore écolier, John Steinbeck, comme beaucoup de ses condisciples, aide aux soins du bétail et conduit les machines agricoles du voisinage. En 1919, il s'inscrit à l'université de Stanford, en précisant qu'il n'étudiera que ce qui l'intéresse et ne passera pas d'examens. Il revient d'ailleurs souvent travailler dans la vallée de Salinas. C'est aussi une période de grandes lectures, qui le décident à devenir écrivain.

En 1925, il part pour New York, via Panama où il séjourne quelque temps. À New York, il tente de devenir reporter, échoue et survit en exerçant divers métiers — apprenti peintre, maçon, ouvrier, chimiste — et finit par rentrer en Californie. Il écrit son premier roman, La Coupe d'or (1929), histoire du pirate Morgan, tout en gardant une propriété dans la Sierra. Il se marie et s'installe à Pacific Grove où il compose Les Pâturages du ciel (1932) et À un Dieu inconnu (1933), qui laissent le public indifférent.

Cette période de vaches maigres, où il ne sait pas d'où viendra le repas du lendemain, est aussi celle où il passe de longues soirées avec des pêcheurs, des vagabonds et toutes sortes de personnages hauts en couleur autour d'une cruche de vin (malgré la prohibition). Tortilla Flat (1935) en est directement issu et connaît un succès immédiat. Tout à fait différent, En un combat douteux (1936) traite d'une grève des ramasseurs de fruits. Le livre est reçu de façon mitigée et l'auteur traité de "rouge" qui en sait et en dit trop.

En 1937, il publie Des souris et des hommes, roman court et construit comme une pièce de théâtre, où il met en scène un géant arriéré qui tue tout ce qu'il aime. Mais c'est en 1939, après un voyage en Scandinavie, que paraît son plus célèbre roman, Les Raisins de la colère, qui obtient le prix Pulitzer. C'est l'odyssée tragique de migrants de l'Oklahoma, petits fermiers dépossédés, partis vers l'Ouest se louer comme ouvriers agricoles, vers la fausse "Terre promise" qu'est la Californie. Groupe social en marche, la famille Joad symbolise la mutation de l'agriculture ancestrale en industrie agricole, la mainmise du grand capital sur la petite propriété, l'agonie des fermiers expropriés par les banques et victimes des promesses fallacieuses des grands propriétaires californiens. John Steinbeck écrit par ailleurs pour le San Francisco News des reportages sur les camps de transit où s'entassent les travailleurs migrants.

Installé à Palo Alto, et refusant d'aller travailler à Hollywood, il continue à écrire. Nuits noires sort en 1942 et Rue de la Sardine en 1945. En 1947 paraissent Les Naufragés de l'autocar, variation sur le thème du groupe isolé de son contexte habituel et des diverses réactions psychologiques de ses membres. Il faut attendre 1952 pour la publication d'À l'est d'Eden qui, comme la plupart des romans de Steinbeck, est porté à l'écran (avec James Dean dans le rôle principal). Enfin, en 1955, paraît Le Beau Jeudi.

Citons encore des recueils de nouvelles postérieurs au premier (Les Pâturages du ciel): Le Poney rouge (1937) et La Grande Vallée (1938), qui inclut le précédent. Journal russe raconte un séjour en U.R.S.S. (1948).

John Steinbeck reçoit en 1962 le prix Nobel de littérature. Il meurt à New York le 20 décembre 1968, à l'âge de 66 ans.

Écrivain en marge, détestant les mondanités, les conférences et les photographes, il est le peintre d'un sous-prolétariat agricole dont il montre l'exploitation. Romancier soucieux du détail réaliste, il est aussi le peintre de la psychologie sociale et de l'impersonnel collectif. "En cessant d'avoir pour matière des individus", écrit Claude-Edmonde Magny, "le roman cesse d'être un art de narration pour devenir un art de description. Comme les grands films russes (il tend) de plus en plus à être un documentaire qui se borne à "montrer" statiquement la réalité impersonnelle dont il parle, sans plus la "conter"."

Pas plus que celle de John Dos Passos, la stature de Steinbeck, qui était (en France au lendemain de la guerre) l'égale de celles de William Faulkner et d'Ernest Hemingway, n'a survécu telle quelle: nombreux sont ceux qui, quant à son importance dans l'histoire de la littérature, le considèrent maintenant comme un écrivain mineur. C'est un peu sévère, mais il est vrai que sa notoriété est en partie la conséquence du fait que c'est un écrivain relativement facile, et que ses meilleures oeuvres datent des cinq années de l'avant-guerre. Cela n'empêche pas celles-ci de rester très populaires, particulièrement en Asie.